Georges Pernoud vient tout juste de jeter l’ancre. Le capitaine de Thalassa (depuis 1975) est de retour de l’île de Porquerolles (Var), où il a enregistré les « séquences plateau » qui introduiront les soirées estivales du magazine de la mer, dix semaines durant. Un voyage au long cours à la découverte des côtes de l’Atlantique, du Pacifique et de l’océan Indien, à la rencontre des hommes qui y vivent. « Pour cette série d’été, nous nous sommes immergés dans cinq années d’archives, explique-t-il. Et nous avons rassemblé le meilleur de nos sujets réalisés entre 2002 et 2006, autour de thématiques géographiques. Une occasion de souligner une incroyable diversité, entre des littoraux peu éloignés. Ainsi, les paysages de l’Oregon, aux Etats-Unis, et ceux pourtant proches de l’île de Natividad, au Mexique, sont très dissemblables. »
L’une des doyennes du petit écran
Au fil d’un nouveau montage, qui devrait éviter toute impression de déjà-vu, chaque sujet a été revisité : pas question de laisser passer une information devenue obsolète. Ainsi, l’équipe pensait ne pas pouvoir reprogrammer ses images de Sainte-Hélène. Lorsque des reporters du magazine y étaient venus, en 2006, l’île devait se doter d’un aéroport censé rompre l’isolement de ce caillou de l’Atlantique sud où Napoléon finit ses jours. Mais en 2009, le gouvernement britannique a renoncé au projet,en raison de la crise économique mondiale. Le reportage n’a donc rien perdu de sa pertinence.
Le succès de Thalassa, qui figure aujourd’hui parmi les doyennes du petit écran, est à chercher du côté de l’humain. La grande fresque maritime de l’été racontera donc des histoires d’hommes, depuis l’île de Hawaï, dans le Pacifique, où une communauté de 250 personnes a choisi de vivre près des dauphins, jusqu’à l’île de Sable, épicentre des tempêtes baptisé par les marins « le cimetière de l’Atlantique ». En tout, quarante destinations à la surface du globe qui, rappelons-le, est recouvert à 70 % par les océans. Un vivier inépuisable.
Comme toujours, Georges Pernoud insiste sur la tonalité généraliste et intergénérationnelle de son émission. « Je me place toujours du côté du téléspectateur : il faut intéresser l’enfant de 10 ans autant que sa grand-mère. Pour cette raison, j’exclus tout vocabulaire maritime technique. » Le journaliste tient aussi à « faire oublier » l’équipe et la caméra : « Ainsi, le spectateur a l’impression de rencontrer directement les personnes interviewées. »
Au-delà de la découverte, Thalassa réveille aussi les consciences. Entre septembre 2008 et juin 2009, le magazine avait parcouru les côtes françaises, en dressant l’état des lieux d’un patrimoine naturel unique. Parallèlement, son équipe a animé l’opération « Sentinelles du littoral », permettant aux téléspectateurs de faire remonter des infos, des photos, des vidéos, via le site Internet de France 3*. « Nos tournages ont fait du bruit en région. Nous avons contribué à mettre le doigt sur certains problèmes… En matière d’écologie ou de santé publique, si tout le monde est d’accord sur le principe, il est plus difficile de faire changer les habitudes et les mentalités. »
Avant d’entamer une nouvelle saison à la rentrée, dont le thème est encore tenu secret, Georges Pernoud passera l’été chez lui, en Dordogne, loin de l’eau salée. Mais s’il fait trop chaud, il rêvera sans doute de Doudinka, un lieu qui le fascine, en Sibérie. Dans ce port, le plus au nord de l’océan Arctique, les brise-glace sont en activité presque toute l’année !
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