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publié le 08/02/2010
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Evangile lu dans les églises de dimanche 14 févrierDisciples et curieux |
Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon.
Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous ! Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez ! Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.
Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation ! Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez. Malheureux êtesvous quand tous les hommes disent du bien de vous : c’est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC (Lc 6, 17.20-26)
LE COMMENTAIRE DE JEAN-CHRISTOPHE CANER, DIACRE*
C’est en relisant l’Évangile de ce dimanche qu’un détail m’est apparu auquel je n’avais jamais vraiment porté attention : Jésus s’adresse à ses disciples, mais ceux-ci sont au coeur d’une foule, composée de personnes appartenant à des peuples différents, et donc venus écouter en curieux. Cette image me rassure : déjà Jésus se trouvait dans cette situation !
Regardons bien autour de nous : combien y a-t-il de disciples et de curieux dans nos célébrations ? Oh, pas les dimanches ordinaires ! Là, il ne reste que la « tribu » qui se rassemble devant l’autel. Non, je pense aux grandes fêtes, Noël ou Pâques, où les visages qui se tournent avec plus ou moins d’attention vers l’autel sont bien à la fois ceux de « disciples » et d’autres personnes que l’on ne reverra peut-être plus jamais.
Je pense aussi aux célébrations de baptêmes, mariages, obsèques. Les gens y sont rassemblés plus par des liens amicaux ou familiaux que par la foi, et les « disciples » sont bien rares ! La tentation est alors forte de se contenter d’un gentil discours sur les « valeurs », de ne pas choquer, de chercher un plus petit dénominateur commun.
C’est tout le contraire de ce que fait Jésus qui nous invite à le suivre : au milieu de la foule, il annonce les Béatitudes. Le bonheur se trouve dans la pauvreté, dans le dénuement, voire dans l’exclusion. Et comme s’il avait peur de ne pas être compris, il enfonce le clou : « Malheureux les riches ! » C’est à n’y rien comprendre, c’est même un truc à se fâcher avec les gens « bien », à effrayer les curieux.
Jésus ne dit que la vérité, et tant pis si cela dérange ! Déjà, Jérémie l’avait énoncé : «Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur. » Le bonheur provient non pas de ce que l’on possède, mais uniquement de notre capacité à réaliser ici et maintenant le projet de Dieu. C’est ce message radical que nous devons oser porter. Comme les disciples, allons dans les foules et permettons à cette Parole d’y résonner. Affirmons que nous sommes capables de choisir le bonheur. Prouvons-le en actes. Notre monde a tant besoin d’espérance !
* Ce père de famille est aussi directeur d'une maison d'enfants de la Fondation d'Auteuil.
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