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publié le 01/07/2009

Guadeloupe

« Les Guadeloupéens ont compris qu’il faut consommer local »

La situation s'est-elle améliorée en Guadeloupe quatre mois après la grève qui a paralysé l'île l'hiver dernier ? Pas vraiment mais, comme en témoigne Roland Bureau, cultivateur de bananes, les choses commencent à bouger...


Roland Bureau a tout fait dans la vie : chauffeur, maçon et, depuis 1980, agriculteur, sur les collines proches du volcan de la Soufrière, dans le sud de Basse-Terre, en Guadeloupe. Agé de 68 ans, il a d'abord cultivé des bananes sur huit hectares (80 tonnes par an) pour un groupement de producteurs qui exportait tout vers l'Europe.

Depuis une dizaine d'années, il cultive aussi des légumes et commercialise ses bananes sur un petit marché de vente directe qu'il a créé avec d'autres producteurs à Saint-Claude, dans le sud du département. Grâce à la diversification et à la vente directe, son revenu a «bondi» de 450 euros à 600 euros par mois. Les bananes qu'il vendait seulement 0,30 € le kg pour l'exportation lui rapportent désormais 0,70 € le kg.

« Depuis le mouvement du LKP, les gens mangent davantage guadeloupéen, ils ont compris qu'il valait mieux consommer local », sourit-il. Ils seraient plus nombreux encore à consommer local sans le scandale du chlordécone - insecticide soupçonné d'être cancérigène pour l'homme et utilisé aux Antilles plusieurs années après son interdiction en 1993.

« J'ai arrêté de l'utiliser il y a six ans. Le mal était fait. Les coupables sont autant les techniciens qui nous le recommandaient que les commerçants qui l'importaient », estime Roland Bureau. Pour tuer les nématodes, parasites de la banane, les agriculteurs ne sont pas démunis. Certains alternent culture de la banane, de la canne et jachère.

D'autres, comme Roland Bureau, plantent au pied des arbres une petite fleur rose qui les fait fuir. Jusqu'à 70 ans, âge auquel il prévoit d'arrêter le travail des champs, Roland continuera d'expérimenter, d'acclimater telle plante prometteuse ou d'associer telle autre à ses bananiers pour mieux les protéger.

Un regret : « On accuse parfois les békés de tous les problèmes. Mais nous partageons les torts parce qu'on ne s'entraide pas. Des rivalités et rancunes personnelles empêchent souvent les projets de démarrer », déplore-t-il. L'esprit de Clochemerle souffle aussi dans les Caraïbes.

Retrouvez l'intégralité de notre dossier sur la Guadeloupe dans le Pèlerin n°6605
Frédéric Niel (Photo : Isabelle Rouquette / MAXPPP)





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