Editions Bayard, 192 pages, 15 €
Je vais vous raconter comment j’ai fait la connaissance de Dieu.( …) Depuis le pays dit de la fin des Terres où j’ai grandi après ma première naissance, jusqu ‘au début des cieux où je vous écris, après ma deuxième naissance. Ma résurrection advenue avec le fleurissement du Christ dans mon cœur.
(introduction du livre)
(…) J’écris cet aveu en grande amoureuse. J’ai passé un demi-siècle à cacher le nom de ma passion, aux autres et à moi-même. La suite de mon siècle de vie, je le passerai à célèbrer mon Amour. Comment en sommes-nous venus à vivre un temps où il est plus interdit de dire « j’aime Dieu » que de raconter ses turpitudes ? (…)
P 16
(…) Enfant j’avais une conscience énorme de Dieu. Je ne savais pas que c’était Dieu, je ne le nommais pas, mais j’étais dans une relation intime et personnelle avec Lui, indicible. (…)
P 15
(…) Ne recevant aucune éducation religieuse, je ne me projetais pas vers Dieu, j’étais en lui, j’étais lui à ma façon sauvage (…)
(P16)
(…)A vingt quatre ans, enceinte de mon deuxième fils, j’ai lu pour la première fois de ma vie les Evangiles et la Genèse (…).
P 18
(…)J’étais enceinte, j’étais pleine. J’étais l’enceinte de Jérusalem, surnaturellement vivante en mon ventre, tout à la fois accomplisssement et promesse (…) Je lisais les Evangiles dans une parfaite harmonie du verbe et de la chair (…)
P 21
(…)L’amour, la joie et le bonheur ne manquaient pas dans ma vie au grand jour. Mais malgré une heureuse composition qui me transportait au paradis au moindre contact avec la nature…..quelque chose manquait, régulièrement l’angoisse me tenaillait, et ce manque travaillait ma vie (….)
P 27
« Quand tu me manques je me manque (…) Si j’aime un homme et qu’il absente, il me manque. Si je perds mon logement, mon toit me manquera. Mais maintenant que Dieu ne me manque pas, je ne peux pas me manquer, puisqu’il est ma maison et moi la sienne » (…).
p 29
(…) « Une fin d’après-midi, en août 2004, alors que j’étais dans ma grange (comme on appelle là-haut les bergeries) des Pyrénées, à près de mille six cents mètres d’altitude, (…) je partis faire mon rituel tour solitaire. (…)Pour la énième fois de l’été, je commençais à regarder le paysage quand soudain, face à moi, à moi de trente mètres en contrebas, un buisson s’est illuminé et s’est mis à me parler. Aussitôt, j’ai été vivement saisie, et ravie.
En fait, il s’agissait du feuillage dense d’un jeune hêtre dont la frondaison dépassait seule du talus. Il s’alluma d’un coup, mais avec une douceur à tomber de joie. Il jouait de la lumière, voilà, comme un piano joue de la musique. C’est ainsi qu’il me parlait. Je ne saurais répéter ce qu’il me disait, mais tout le temps où cela dura (plus d’une heure, mais je ne voyais plus passer le temps), je l’entendus, aux deux sens du verbe . (…)
P 32
(…) Je n’en parlais à personne, mais cela ne faisait, ne fait, ne fera jamais aucun doute pour moi : Dieu s’était manifesté à moi, m’avait parlé et prise dans sa main. Dieu. C’était la première fois qu’il était vraiment Quelqu’un pour moi, et non pas un concept ou un pressentiment (…).
P 33
(…) Je veux préciser ceci : j’estime que ce qui m’est arrivé à ce moment-là et par la suite, n’est pas exceptionnel. Outre les cas connus par ceux qui s’intéressent à ce genre de phénomène, de nombreuses personnes, très certainement, peuvent vivre des expériences mystiques très fortes, dont elles ne parlent pas pour différentes raisons. La première étant sans doute que raconter ce genre de choses aujourd’hui, c’est s’exposer à l’hôpital psychiatrique, ou encore à la curiosité des amateurs de miracles et autres ésotéristes ou millénaristes. Or j’ai vécu cela de façon naturelle parce que cela, j’en suis persuadée, est naturel. Je veux dire tout simplement qu’il est dans la nature de l’homme de vivre des expériences mystiques et des traversées de l’invisible. » (…)
p 35.
(…) Je perçois Dieu incarné parce que ma chair est aussi sensible que mon âme et parce que je n’ai pas peur des possibilités de ma chair (…)
P 51.
(…)« Parce que je suis une romancière « érotique » devenue catholique, on me demande souvent : que faut-il faire pour réconcilier les chrétiens avec leur corps, et avec l’éros , Eh bien, c’est très simple : rien. Absolument rien de plus qu’observer les deux commandements fondamentaux du Christ : aimer Dieu, et aimer son prochain comme soi-même (…).
p 138.
(…) La qualité d’un amour ne dépend pas de la quantié de vie commune. Certaines fleurs tiennent longtemps d’autres non, chacune a sa couleur, sa forme, son terrain, cela dépend du génie propre de chacune, et il en est de même pour la relation entre deux êtres. Une union à vie peut être très belle, mais d’autres sortes d’union peuvent l’être aussi, y compris certaines qui se développent hors des sentiers battus et trouvent leur propre mode d’expression. Dieu aime avant tout que nous ne trahissions pas l’amour, même lorsqu’il prend fin, que notre cœur reste fidèle à ceux que nous aimons et avons aimés, que nous ne laissions pas dégénérer l’amour dans ce qui tue l’amour, qu’en nous aimant, nous nous préparions à sa venue et allions vers lui, voilà tout.
Je me souviens que le message du Christ est de toujours faire primer l’amour sur la loi et les règlements et du moins de ne jamais appliquer la loi sans la transcender par l’amour. Les règlements changent avec le temps et les cultures, l’esprit de l’amour demeure. (….)
P 60
(…) Nous sommes les jardiniers de notre être et ce n’est pas tant des herbes sauvages qu’il faut le protèger – à chaque jardin son visage- que de la pollution, du manque d’eau et de soleil. Il faut se laver les yeux de l’âme chaque jour, pour ne salir ni autrui ni soi-même quand nous le regardons.(…)
P 142
(…)Avez-vous essayé de regarder une personne autrement que vous et tout le monde la regardez, autrement qu’elle se montre elle-même, qu’elle se regarde elle-même ? C’est la seule grande aventure de la vie, de regarder un jour, et d’être regardée, par des yeux neufs. Aventure renouvelable, comme soi, comme l’autre. (…)
Pour vivre heureux, vivons cachés. » Rien n’est plus bête ni plus faux que cette sentence.
Pour vivre, vivons sans crainte. Sans crainte du regard ni d’autrui, ni de soi. C’est-à-dire, sans détourner les yeux de Dieu. »
p 150
« Le péché n’est ni définitif, ni fatal. Le péché n’est rien. Il suffit d’aimer Dieu : le péché n’est plus rien, ni faisable, ni tentant, réduit à néant, tandis que s’ouvrent miraculeusement toutes les possibilités de la vie, purifiées. » p 146
(…..)« Dieu a besoin de notre amour pour nous donner la vie. Ce ne sont pas seulement des mots, c’est la vérité vraie, je vous le promets. Si nous ne l’aimons plus, il ne pourra plus nous mettre au monde, c’en sera fini de la vie en Vie, et de la résurrection ; (…) Oh, je voudrais tant que vous le connaissiez comme moi ! Vous verriez que vous laisseriez tomber toutes les bêtises. Vous verriez la joie que vous auriez, malgré la douleur aussi, comme lui. Sans doute beaucoup d’entre vous le connaissent, et continuent chaque jour à l’aimer plus et mieux. Ceux qui ne le connaissent pas, soyez patients, tournez-vous vers l’aube, vous finirez par le sentir venir et le voir se lever, en vous-même ». p 90
(…..) Etre la foi, c’est se donner à chaque instant la chance de retrouver l’ accord avec la vie. Etre la foi c’est être en vie. Etre en état de foi cela veut dire : chaque jour à la maison être la joie et l’assurance pour tous ceux qui vous entourent.. Pour cela, il faut être pleinement en vie, dans toutes les dimensions de la vie que l’on a choisi d’investir. Cela s’appelle la liberté.(…)
La liberté demande des dons d’équilibriste, elle demande même de savoir voler de ses propres ailes au dessus des gouffres. Je suis devenue Chrétienne parce que je crois que cette religion est celle de la liberté, de la vérité entière qui libère soi et les autres, et je la vivrai ainsi. (….)
P 145
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En vidéo : Pourquoi j'aime la demoiselle de Lourdes