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publié le 07/04/2009
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PâquesLes Français et la résurrectionSix Français sur dix espèrent que la mort n’aura pas le dernier mot. Grosse surprise cependant : si les catholiques réguliers croient majoritairement à la résurrection, il ne sont plus, dans l’ensemble, que 13 % à y croire. C’est ce qui ressort de notre sondage réalisé à l’occasion de Pâques.
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Les apôtres Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection, huile sur toile d’Eugène Burnand (1898). Musée d’Orsay, à Paris. (photo : Roger Viollet)
Au hit-parade des croyances sur l’au-delà, la résurrection est à la traîne. En recueillant 10 % des réponses, elle pointe à l’avant-dernière place du sondage* que Pèlerin a réalisé, à l’occasion de Pâques, auprès des Français. Juste devant la réincarnation (7 % des réponses), la « résurrection des morts auprès de Dieu » arrive loin derrière « Il y a quelque chose mais je ne sais pas quoi » (33 %) et « Il n’y a rien » (40 %), largement en tête du classement.
Depuis plus de vingt ans, la « sortie du catholicisme » est un lieu commun de la sociologie française. La poussée de ceux qui affirment qu’il n’y a rien (13 % de plus qu’en 1986) ne fait que confirmer la tendance. La grande surprise de ce sondage concerne l’ensemble des catholiques. Ils sont à peine plus nombreux (13 %) que la moyenne nationale à croire en la résurrection – le cœur même de la foi chrétienne ! – tandis qu’un tiers d’entre eux nient toute vie après la mort (33 %).
Toutefois, les catholiques sont plus en attente que leurs concitoyens : 40 % pensent qu’il y a quelque chose sans savoir quoi. Seuls les pratiquants réguliers se distingue en affirmant, à 57 %, la résurrection des morts. Comment expliquer un tel paradoxe ? Y a-t-il de quoi s’inquiéter ? Certes, sonder les croyances d’une population est un exercice complexe.
« Au-delà des réponses tranchées, le doute domine », souligne Albert Piette, spécialiste du fait religieux à l’université d’Amiens (Somme). Pour autant, ces résultats mettent en lumière une évolution significative. « Même ceux qui s’identifient comme catholiques décrochent non seulement de l’institution, mais aussi de l’enseignement de l’Eglise », observe Jean-Paul Willaime, de l’Institut européen en sciences des religions (IESR).
Désormais autonome, émancipé de la tutelle du qu’en-dira-t-on, l’acte de croire peut même s’accommoder des aménagements les plus fantaisistes. C’est là l’autre surprise de ce sondage : au chapitre des « souhaits » dans l’au-delà, la réincarnation enregistre une formidable progression : de 7 %, elle triple pour passer à 21 % chez les catholiques (20 % chez l’ensemble des Français) au détriment des autres propositions.
De quoi alarmer l’Eglise ? « A force d’en parler de manière imagée, les prédicateurs ont vidé la Résurrection de son contenu » pointe P. Marie-Arnaud Gualandi, dominicain et aumônier de lycée à Bordeaux. Le théologien jésuite Bernard Sesboüé, regrette lui aussi l’absence d’une « pédagogie de la résurrection » adaptée au monde d’aujourd’hui. « Il est urgent mettre au point une catéchèse qui décrypte le vocabulaire à l’intention des adultes… et des futurs adultes » insiste-t-il. L’idée a cependant encore un bel avenir : quelles que soient leurs croyances, ils sont encore six sur dix à espérer que la mort n’aura pas le dernier mot.
Retrouvez l'intégralité de notre dossier sur Pâques dans Pèlerin n° 6593
* Sondage TNS Sofres/Logica pour Pèlerin, réalisé les 11 et 12 mars 2009 sur un échantillon national de 1 000 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile.
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 | Samuel Lieven

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