C’est au cours des dernières années de sa vie que Raphaël, créateur de l’atelier moderne, a peint ses principaux chefs-d’œuvre. Le Louvre leur consacre une exposition exceptionnelle. On y retrouve notamment de superbes copies des tentures de la chapelle Sixtine, au Vatican.
Si l'image de l'artiste solitaire, tout juste aidé d'un apprenti pour lui préparer ses couleurs, reflète la réalité pour Léonard de Vinci, elle ne vaut pas pour Raphaël, son cadet et contemporain.
L'
exposition que le Louvre consacre aux dernières années du peintre le montre avec brio : elle met en valeur les élèves du maître, autant que le maître lui-même.
À commencer par Giulio Romano et Luca Penni. « Raphaël était sollicité par les cours d'Europe, des commanditaires privés, et par le Vatican, pour des tableaux, des fresques, des tapisseries ou des aménagements de palais, résume Vincent Delieuvin, l'un des commissaires de l'exposition. Pour y répondre, il s'était entouré d'une cinquantaine d'artistes dans son atelier de Rome, dont de talentueux élèves.
Car Raphaël était une personnalité très ouverte, qui ne craignait pas la concurrence. Au contraire, il les conseillait beaucoup, des esquisses jusqu'à la peinture.
On peut dire que Raphaël a créé le premier atelier moderne, dont un peintre comme Pierre Paul Rubens s'inspirera. Son entreprise l'a d'ailleurs tellement épuisé qu'il en est mort jeune, en 1520, à l'âge de 37 ans. »
Des madones tombées du paradis
Si les apports de Luca Penni, brillant dessinateur, et de Giulio Romano, doué pour les effets de profondeur et de relief, sont manifestes et bien représentés sur les cimaises du Louvre, le maître reste le maître. Comment ne pas rester bouche bée devant ses madones ? Des tableaux d'autel d'une si grande délicatesse et d'un tel velouté de couleurs qu'ils paraissent comme tombés du paradis. Ou devant ces portraits de notabilités italiennes, saisies avec générosité et douceur.
Sans oublier les tentures de la chapelle Sixtine, au Vatican. Imbougeables, elles sont représentées par des copies exécutées au XVIIe siècle pour la cour d'Angleterre. Leur puissance n'a rien à envier aux peintures d'un Michel-Ange, l'autre contemporain de Raphaël. Au firmament de la Renaissance.
►"Raphaël, les dernières années", jusqu'au 14 janvier 2013, au Musée du Louvre.
renseignements : 01 40 20 53 17 ;
www.louvre.fr
►Les dessins de Giulio Romano et ceux de Luca Penni au Château de Fontainebleau font l'objet de deux expositions complémentaires au Louvre.
►A lire aussi : 100% Raphaël , de Jan Blanc, aux éditions de La Martinière. Vingt oeuvres commentées, avec les reproductions de détails en taille réelle.
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