À l’occasion de la sortie de son dernier film, La tête en friche,
rencontre avec l’ogre du cinéma français. Il donne rendez-vous dans son restaurant, à Paris, comme pour réunir plaisirs de la table et de la conversation.
Pèlerin :
Da
ns
La tête en friche
*, comme dans
Mammuth,
vous incarnez des petites gens. C’est une coïncidence ?
Gérard Depardieu
: Je ne parlerais pas de « petites gens ». Pour moi, ce sont des personnages issus du peuple, bien vivants ! Ils n’ont pas forcément beaucoup d’éducation, mais ils possèdent une incroyable ouverture d’esprit. Alors oui, le cinéma ne s’intéresse pas beaucoup à eux. Et pourtant, il sut de regarder les films de Renoir ou les rôles tenus par Jean Gabin pour se rendre compte qu’à une époque, c’étaient eux, les héros des films ! Seulement, aujourd’hui, on s’intéresse plus à ce qui va mal – regardez le journal de 20 heures ! – qu’à ce qui va bien.
Au cinéma, mais aussi à la télé. Pourtant, il y a des regards qui changent. Regardez le film de Dany Boon, Bienvenue chez les Ch’tis . Il a cherché à réhabiliter les gens du Nord. Quand Arcelor Mittal ferme un site dans cette région, je pense que c’est plus incarné désormais. Non, pour moi, les « petites gens », ce sont ceux qu’on voit dans La ferme célébrité . Cette émission – je vais rester poli –, c’est un vrai film pornographique ! Et effectivement, dans ce programme, les participants ont une « petite âme ».
Au moment de la sortie de
Mammuth
, vous disiez que le personnage ressemblait à votre père, Dédé. Mais le Germain de
La tête en friche
un peu aussi, non ?
Un peu… Mais je crois que Germain me ressemble plus à moi. Moi aussi, j’ai grandi par la lecture. J’ai réappris à parler en lisant à voix haute…
* La tête en friche , de Jean Becker. Avec Gérard Depardieu, Gisèle Casadesus. Au cinéma depuis le 2 juin.
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