Détail de Le Christus et Bouddha (1890) de Paul Ranson. © AKG images / Erich Lessing

Religion

Ma foi n’est pas très catholique

« Vous avez la foi, mais que croyez-vous ? » Cette question est devenue pleine de sens pour un certain nombre de croyants qui se « tricotent » une foi sur mesure. S'accordant ainsi quelques libertés avec les dogmes de l'Église.

Être catholique, c'est adhérer à la formulation du Credo : croire en un Dieu unique, trinitaire et personnel ; à l'Incarnation ; à la Résurrection... Telle est du moins la définition canonique proposée par l'Église, mais pour ceux qui se disent cathos, ce n'est pas toujours aussi simple.

Parmi eux, certains ont hérité d'une culture chrétienne, sans pratiquer ni même croire en Dieu. D'autres se sentent vraiment croyants, mais la définition du contenu de leur foi ne va pas de soi. Ils se reconnaissent plus ou moins dans les dogmes officiels et adhèrent peu à l'ensemble.

Mais après tout, l'expression de la foi de l'Église n'a jamais cessé d'évoluer au fil de l'histoire : elle a vécu au rythme de l'assemblée des fidèles et des réflexions des théologiens. La Commission théologique internationale a ainsi considéré, en 2007, qu'il n'était plus « utile » de croire à l'existence des limbes (1).

Jusqu'où pouvons-nous aller dans notre prise de liberté individuelle ? Tout dépend de la nature des écarts. L'essentiel n'est-il pas de cheminer en cohérence, de s'interroger toujours avec honnêteté ? Voilà qui balise, plus qu'on pourrait le penser, notre itinéraire de croyants.

"Je n'embrasse pas toute la doctrine catholique..."

« Après un moment de flottement à la fin de mon adolescence, ma foi s'est raffermie, raconte Julia, 38 ans. Mais j'avoue que je n'embrasse pas toute la doctrine catholique et, par exemple, je me sens très proche de l'idée de réincarnation. Après la mort de mon grand-père et la naissance de mes enfants, cela m'a semblé évident. Si j'en parlais à mon curé, je crois qu'il tomberait à la renverse ! » Une conviction qui n'ébranle pourtant pas l'identité chrétienne de Julia...

Quant à Jean, 61 ans, il ne « croit pas » à la conception virginale du Christ. « J'ai la foi, mais la raison m'impose des limites », affirme-t-il. Après avoir exercé pendant plus de trente ans la médecine générale, il bloque sur cette question qui heurte sa culture scientifique.

 (1) Les enfants morts sans avoir été baptisés ne pouvaient accéder au paradis. Mais, innocents, ils n’étaient pas non plus condamnés à l’enfer et se trouvaient donc dans « les limbes ».

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