Incarcérée depuis deux semaines, la blogueuse syrienne Razan Ghazzawi a finalement été libérée le 18 décembre 2011. Elle risque entre trois et quinze ans de prison pour "diffusion de fausses informations pouvant porter atteinte au moral de la nation."
«Si quelque chose m'arrive, sachez que le régime ne craint pas les prisonniers, mais plutôt ceux parmi vous qui ne les oublient pas », avait confié Razan Ghazzawi à ses proches, peu de temps avant son arrestation, le 6 décembre. De fait, ceux-ci tentent de mobiliser l'opinion internationale pour faire libérer cette blogueuse syrienne de 31 ans au ton provocant, très engagée en faveur de la liberté d'expression.
Libérée le 18 décembre contre une caution de 15 000 livres syriennes (environ 230 euros), la jeune femme risque entre trois et quinze ans de prison pour « diffusion de fausses informations pouvant porter atteinte au moral de la nation », selon le tribunal de Damas devant lequel elle a comparu le 13 décembre.
La veille, Gérard Araud, ambassadeur de France à l'ONU, est sorti de sa réserve diplomatique, à propos de la situation en Syrie : « Le silence du Conseil de sécurité de l'ONU est un scandale ! » a-t-il martelé. Toutefois, le 15 décembre, il a salué la résolution déposée par la Russie condamnant les violences perpétrées par toutes les parties « y compris les autorités syriennes ».
Le rapport de Navi Pillay, la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme est, en effet, accablant : « Au moins 5 000 personnes ont perdu la vie en Syrie depuis huit mois, dont trois cents enfants », a-t-elle dénoncé. Un bilan auquel il faut ajouter « une tendance à l'usage systématique de la torture lors des interrogatoires ». Les amis de Razan Ghazzawi ont raison de s'inquiéter.
► Le site de Reporters sans frontières rappelle l'arrestation de la blogueuse Razan Ghazzawi et dresse la liste non-exhaustive des journalistes et blogueurs détenus en Syrie.
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