Après avoir travaillé sept ans dans un supermarché, Anna Sam a écrit un livre Les tribulations d'une caissière
, adapté au cinéma, le 14 décembre.
Photo : à gauche, Anna Sam, l'auteure des Tribulations d'une caissière, et son "double" au cinéma incarné par Déborah François.
Entre 2000 et 2007, Anna Sam a été caissière dans un supermarché de l'enseigne Leclerc en région rennaise. De ces sept ans passés devant un tapis roulant, elle a tiré un blog intitulé Les tribulations d'une caissière, journal intime diffusé sur le Web d'une petite main de la grande distribution.
Une de celles que les clients envisagent avant tout comme un bras chargé de scanner les articles. D'ailleurs, Anna n'a pas coupé à l'inévitable : « Si tu ne travailles pas à l'école, tu finiras comme la dame. » La sentence est d'une cliente à destination de sa fille. Aucune des deux ne se doute que « la dame » en question est titulaire d'un DEA de littérature.
Ce goût des mots, Anna l'exploite en racontant son quotidien. Elle débute son blog en avril 2007. À cause du « client de trop », celui qui pousse l'exaspération si loin que l'on a besoin de répondre à son mépris. A priori, l'arme la moins dangereuse et la plus efficace d'entre toutes reste encore l'écriture. Au blog succède le livre Les tribulations d'une caissière (Ed. Stock), aujourd'hui adapté au cinéma.
Si la colère et la lassitude semblent être le point de départ de son aventure, la jeune trentenaire ne tient pas rigueur à son ancien patron de ne pas avoir répondu à notre demande d'interview. Anna connaît un peu Michel-Édouard Leclerc.
En 2010, deux ans après la publication du livre vendu à près de 300 000 exemplaires en France, il charge un journaliste du Télégramme de lui faire passer son numéro de portable. Tous deux se parlent plusieurs fois au téléphone avant de se rencontrer. « MEL » lui propose de diriger l'espace culturel d'un de ses magasins. Elle refuse. « Je voulais aller au bout de mon engagement », explique-t-elle. Leclerc la charge d'une mission d'audit sur les « hôtesses de caisse ».
Si magie il y a, elle serait plutôt à chercher du côté du coup de projecteur donné sur une profession mal aimée. « Je me sens redevable, explique-t-elle. Entre caissières, il y avait une solidarité incroyable. Neuf fois sur dix, vous savez que vous pouvez compter sur la collègue d'à côté. Raconter mes petites histoires m'a fait gagner de l'argent. En retour, il me semblait normal de rendre ce que j'avais reçu. »
Aujourd'hui chroniqueuse sur France Bleu Armorique et bientôt auteure de nouvelles après la publication de deux essais, Anna Sam a définitivement fini d'encaisser la mauvaise humeur du monde.
L'histoire :
Caissière dans un supermarché, Solweig essuie les remarques des clients comme celles de supérieurs peu amènes. Elle se lance dans l'écriture d'un blog. Lequel connaît bientôt un succès inattendu...
Notre avis :
Adapté du livre d'Anna Sam,
le film de Pierre Rambaldi fait curieusement primer une histoire d'amour - qui n'était pas dans le texte original - sur la dimension sociale. C'est dommage : les scènes de supermarché sont les plus intéressantes. Sous les traits de l'héroïne de ce conte de Noël, Déborah François impose son énergie et sa grâce face à un jeune premier (Nicolas Giraud) un peu trop lisse. La bande des collègues caissières, elle, est beaucoup plus convaincante.
→ En salles le 14 décembre.
→ À partir de 12 ans.
La bande-annonce du film Les tribulations d'une caissière
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