La pression de la crise met à mal les promesses du gouvernenement en matière écologique. Pourtant, des solutions existent, notamment sur le plan fiscal.
En ces temps de crise économique, certains politiques s'interrogent sur la priorité à accorder à l'écologie . Fin août, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qualifiait ainsi le nucléaire de "filière d'avenir", capable de fournir en quantité "l''énergie pas chère, abordable" nécessaire, selon lui, à une relance industrielle.
Par ailleurs, le gouvernement lui-même annonçait, début septembre, une baisse temporaire de six centimes du prix du litre d'essence, au nom d'une promesse de campagne en faveur du pouvoir d'achat. Une mesure contestée par ses alliés écologistes comme coûteuse et paradoxale, puisqu'elle donne un signal favorable à l'usage de la voiture.
Faut-il attendre la fin de la crise pour mener une politique verte ? "Non, l'écologie n'est pas un luxe, c'est une urgence ! " estime Xavier Timbeau, directeur à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
"Le coût de notre adaptation au changement climatique et à un monde rare en pétrole sera d'autant plus élevé que l'on tardera à prendre les mesures nécessaires", explique-t-il.
Supprimer les subventions nuisibles
Selon Alain Grandjean, expert à la Fondation Nicolas-Hulot, la prise en compte des défis écologiques peut même apporter une solution aux problèmes économiques et sociaux : "Si l'État mène, par exemple, un programme ambitieux de rénovation thermique des logements, cela aidera les personnes en situation de précarité énergétique, créera de l'emploi dans le bâtiment et réduira notre déficit extérieur, plombé par les importations de gaz et de pétrole", assure-t-il.
Rien que sur ce projet de réhabilitation massive, Alain Grandjean estime qu'un investissement de 60 à 90 milliards d'euros est cependant nécessaire sur la durée du quinquennat. Contraintes budgétaires d'un côté, urgence écologique de l'autre : comment résoudre l'équation ?
"La solution consiste à supprimer les subventions défavorables à l'environnement : exonération de taxes sur le kérosène des avions, dispositions fiscales favorisant l'étalement urbain, etc. L'État dépense aujourd'hui plus d'argent à détruire la nature qu'à la protéger !" explique l'économiste Guillaume Sainteny, coordinateur d'un rapport officiel sur les aides publiques dommageables à la biodiversité.
Au total, ces aides représenteraient un manque à gagner pour l'État d'au moins 22,5 milliards d'euros par an. De quoi financer bien des projets verts... et sociaux.
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