Le bétonnage de gradins des arènes de Fréjus suscite de vives réactions chez les défenseurs du patrimoine. Pourtant, ces travaux de restauration ont été approuvés par les Monuments historiques. La polémique enfle. État des lieux.
«C'est une catastrophe ! On ne voit presque plus les arènes, tout est caché sous le béton ! » s'indigne Pauline Michaud, de l'Association des amis de Saint-Raphaël et Fréjus. Depuis quelques semaines, elle alerte l'opinion sur ce qu'elle considère comme le massacre de ce monument antique de Fréjus (Var). En effet, deux séries de gradins coulés dans le béton recouvrent désormais les vestiges.
Pourtant, il ne s'agit pas d'une décision intempestive de la mairie, propriétaire et maître d'ouvrage, ni d'une lubie de l'architecte en chef des Monuments historiques, Francesco Flavigny, dont le travail est souvent salué par les défenseurs du patrimoine.
« Cette reconstitution de gradins a été approuvée en 2005 à la quasi-unanimité de la commission supérieure des Monuments historiques, après mûre réflexion », explique-t-on au ministère de la Culture.
Cette intervention « lourde » vise à protéger les murs de l'édifice, fragilisés par les intempéries. Elle permet en outre d'utiliser les arènes pour des spectacles. « La structure moderne a été étudiée pour ne pas abîmer l'ancienne et des fouilles archéologiques ont déterminé où creuser les fondations », justifie-t-on encore au ministère.
L'effet esthétique n'en est pas moins provoquant, d'autant que la politique en usage veut que les restaurations soient discrètes.
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