Côté pile, un cadre bancaire ; côté face, un pèlerin intrépide en route vers les hauts lieux du christianisme. François-Xavier de Villemagne raconte son périple au long cours entre Paris et Rome sur la Via Francigena.
Son saint patron, missionnaire jusqu'en Extrême-Orient, le prédestinait peut-être aux grandes distances. Il n'empêche : il faut un petit effort d'imagination pour deviner en François-Xavier de Villemagne le baroudeur patenté qu'il est.
C'est en costume-cravate qu'il nous reçoit au 32e étage de la tour vertigineuse d'une grande banque française, en plein cœur du quartier d'affaires de la Défense. La voix douce et le regard clair, ce célibataire de 46 ans, qui coordonne des projets de réglementation financière dans les pays émergents, s'est lancé en 2007 sur un chemin de pèlerinage encore assez peu connu, la Via Francigena, qui conduit à Rome.
Le sentiment pressant de devoir partir
Au départ de Paris, où il habite, et non de Canterbury comme le veut le parcours « officiel ». D'ailleurs, ne lui parlez pas d'un trajet unique sur ce chemin de pèlerinage ! Car « il n'y en a pas », tient-il à corriger avec vigueur. « Le nom italien signifie 'route des Francs', mais il s'agit en réalité d'un réseau de routes venant de France, du nord de l'Allemagne et d'Angleterre qui convergent vers Rome », précise-t-il d'emblée.
Ce fut donc Paris-Rome, en une seule fois, à l'occasion d'un long congé sabbatique. Car François-Xavier aime les défis et a vu les choses en grand : 4 000 km - au lieu des 1 800 km de Canterbury à Rome - en traînant ses sandales pendant près de six mois, jusqu'au pied de la botte, dans les Pouilles et la Calabre, avant de remonter vers la capitale italienne.
Une façon de se tailler un périple à la mesure de sa première grande aventure, en 2000, lorsqu'il était parti à pied vers Jérusalem ! À l'origine de ce premier voyage, un sentiment pressant de devoir partir. « Je voulais sortir de certaines impasses dans lesquelles je me trouvais et aussi me prouver que je pouvais réussir quelque chose dans ma vie », reconnaît François-Xavier de Villemagne, de manière laconique. Pudique voire « secret », comme le décrit son frère, il n'en dira pas plus.
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